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2017/05/08-13 Finn European Championship 2017 (Marseille)

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Finn European Championship 2017 (Marseille)

comptes rendus : François Richard

photos : François Richard et Robert Deaves

 

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le calendrier :

5-7/05  jauge

08-13/05 les courses

67 inscrits, 24 nations représentées, des olympiques ... et 12 Français

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les articles de R. Deaves (non publiés sur le site IFA) : icone cr1 icone cr2 icone crJ1 icone crJ2 icone crJ3 icone crJ4 icone crJ5 icone crJ6

les CR de François Richard    icone cr 

 

Medal Race nouvelle formule

A la lecture des résultats définitifs, vous vous posez certainement des questions ...

En effet, la Medal Race a été courue à titre expérimental sous une forme différente que celle en vigueur.

Formule actuelle : les dix premiers au classement font une ultime course, les points attribués (la place multipliée par deux) sont ajoutés au total net acquis, et le classement est fait par ordre croissant  du nouveau total des points.

Formule expérimentale appliquée à l'European Championship 2017 : La Medal Race se déroule en deux temps : une sélection est réalisée dans les dix premiers : les trois premiers sont sélectionnés d'office. Les sept autres courent une manche à l'issue de laquelle les deux premiers complètent à cinq les trois présélectionnés d'office. Les cinq derniers ont fini la régate et leur ordre d'arrivée détermine leur classement définitif à l'épreuve.

Les cinq élus disputent "la Médal Race", leur ordre d'arrivée détermine leur classement définitif.

C'est ce que vous voyez dans la première colonne du tableau de résultats.

 

FINN EURO 2017  Préambule …


Le choix de la ville Olympique des JO  2024 sera fait en Septembre 2017. Ce sera entre Los Angeles et Paris... et dans ce cas, en conséquence de ce choix, Marseille accueillera les JO pour les Jeux d'été. Les derniers avaient été organisés en France en 1924.  La France et donc Marseille se préparent pour l'échéance. Toutes les classes Olympiques viendront sur les eaux phocéennes une ou plusieurs fois d'ici à 2020, puis avant 2024 les " Test Events " seront un autre moyen de découvrir ce superbe plan d'eau aux brises très variées. Mistral des fortes ou trop fortes brises calées au Nord-Ouest. Superbe brise thermique classique venue du Sud-Ouest, vent d'Est parfois pluvieux venu de derrière le massif des calanques, mais aussi brises légères, variables qui imposeront aux barreurs des attentions soutenues. Tout donc, peut arriver sur cette rade sud de Marseille mais pour l'heure le Mistral s'impose et contraint au repos tous les soixante-deux concurrents.

Jamais sans doute, on aura vu autant de Français engagés dans un championnat d'Europe. Ils sont douze en tout et pour la plupart navigueront loin derrière Fabian Pic et Jonathan Lobert, récemment troisième de la semaine de Hyères alias Sailing World Cup étape française.
Comme à Cannes en Février, Laurent Hay devrait exceller dans les vents médium attendus en milieu de semaine. La jeune garde des ex-europistes est présente avec Valérian Lebrun et Guillaume Boissard sans oublier le Nantais Antoine Devineau.
Les autres "gaulois", comme Marc Allain des Beauvais, Sébastien Graal, Philippe Lobert sont des séniors, masters et autres vétérans mais aussi des régionaux. Les membres d'IFA France auraient pu être encore plus nombreux car inversement aux compétitions de la mondiale Sailing World Cup, le championnat d'Europe est une épreuve de classe dans laquelle chaque nation peut engager plus de concurrents en fonction du nombre de ses membres finnistes enregistrés. Troisième nation finniste la plus importante quantitativement avec plus de 200 membres (derrière RFA et les pays bas), la France sur de telles épreuves peut disposer de places nombreuses.

Le site des régates est le vaste centre régional d'entrainement incluant le Pôle France Marseille. Il est situé à la fin de la corniche routière près du bout de l'avenue du Prado.
Une petite marina ronde dotée de quais et de rampes de mise à l'eau permet l'organisation de grand nombre de régates faites par le YC de la Pointe Rouge, club le plus actif des Bouches du Rhône. Mais l'espace terrestre est un peu un improbable bazard de routes et espaces divers encombré de containers et tivolis.
Dix-neuf juniors de moins de 23 ans disposeront d'un classement spécifique tout en naviguant contre leurs rivaux des autres générations. Si le Mistral persiste, les parcours seront des triangles, au-dessus de 15 nœuds de brise. C'est une règle de la classe Finn.
Du côté de la jauge, le Rochelais Alain Bujeau avait apporté tout le matériel pour effectuer une pesée efficace, mais son intention a été contredite par le jaugeur officiel international, Yury Sarashkin au prétexte que la jauge d'origine faite au chantier, par Saraskin, est amplement suffisante... et que de toute façon, les finnistes sont des gens honnêtes.
Ainsi, tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes (Finniste) possible !!! Amen !

 

Journée 1
DANS LE MISTRAL ASSAGIT, ED WRIGHT DOMINE QUAND LOBERT ASSURE EN GARDANT TOUTES SES CHANCES.

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Réputation Marseillaise, parmi tant d'autres, le Mistral domine un peu trop les eaux de la rade Sud. Pas de course d'entrainement dimanche, et ce matin, toujours des rafales de 25 à parfois 30 nds. Usuel président du comité de course des Finns, à Cannes ou Hyères, Jérôme Nutte a confirmé une sortie de repérage sur la zone de course des Finns, mais ce matin, devant la Pointe Rouge, le clapot serré et ses reflets sur la côte, faisaient une mer par trop hachée et limite dangereuse.

Enfin, après de nombreuses heures d'attente, dans un Mistral à peine assagi, le Comité a décidé d’envoyer la flotte sur le plan d’eau. Les conditions étaient toutefois dissuasives pour le dernier quart de la flotte composé de Masters, des relatifs nouveaux dans la série ou autres gabarits légers …


Ed Wright avait démontré son aisance à Hyères il y a 15 jours en terminant 4ème du classement général et en gagnant une course. Pour cette première journée du championnat d'Europe, il s'est imposé en gagnant les deux manches magistralement, avec un net écart. Le toujours souriant et distingué britannique de 36 ans qui fut champion du monde en 2010 dans la brise de San Francisco n'a rien perdu de sa maîtrise du Finn dans les conditions les plus difficiles.

 

 

Les conditions difficiles n'empêchèrent toutefois pas le vétéran australien (Grand Master) de passer en tête au vent lors de la manche 1.
Grand, et très lourd, Rob Mac Millan sait faire tourner son finn à la vitesse des meilleurs au prés. Il avait déjà fait un coup de ce genre à Hyères 10 jrs plus tôt.

Mais ensuite au portant, mettant bien moins d'énergie ou de technique que les meilleurs, il se fait très vite doubler. Passé premier il terminait huitième.

 

 

Les hommes en forme de cette première journée sont connus, et à ce stade ils sont tous de potentiels vainqueurs du titre européen dont le dernier détenteur fut le batave PJ Potsma.
Les réguliers aux meilleures places furent Anders Pedersen le Norvégien, Max Salminen le Suédois, Ben Cornish le Britannique et Zsombor Berecz le Hongrois. Ils se tiennent tous en trois points mais le plus régulier de ce groupe de tête fut Jonathan Lobert, arrivé deux fois 4ème sur la ligne en ayant sans doute trouvé, avec ce fort clapot et cette brise de 25 à 28 nds, les conditions quasi idéales pour lui, où il peut exprimer son talent et allonger son gabarit pour " pétroler" au prés sans oublier sa spectaculaire maîtrise au portant.

Logiquement, Fabian Pic est second du team France avec une jolie 12ème place pendant la première course. Suivent Guillaume Boissard (40), Laurent Hay (41), puis Marc Alain des Beauvais (45).


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rob Mac Millan

 

 

 

 

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Marc Allain Des beauvais

Journée 2
BRITANNIA RULES THE WAVES - BEN CORNISH  PREND L’ AVANTAGE APRES TROIS MANCHES

Partenaire d'entrainement et de régate de Gilles Scott, N°1 mondial, multiple champion du monde et champion olympique 2016 en titre, Ben Cornish est apparu depuis 3 ans sur le circuit mondial des Finns en progressant magistralement. Au classement près trois manches, il se retrouve en tête du championnat d'Europe des Finn, ayant fait preuve de ténacité dans la brise et d'une formidable inspiration dans le second bord de près de la seule régate du second jour.

 

Inversement, Jonathan Lobert a relativement subi la manche de petit temps en terminant 8ème de l'unique course de cette seconde journée. Vent faible, parcours peut être un peu long et d'abord en prélude une longue attente à terre. Telles furent les conditions de cette seconde journée créditée d'une seule vraie manche et de deux autres lancées puis annulées, pour cause de vent trop faible. Le départ de la seule manche se fait sous pression. Ceux qui ont souffert du Mistral veulent se rattraper et ceux qui mènent tiennent à garder l'avantage. Un premier départ rappelé puis un second, sous pavillon noir.
Salminen, Nyrko et surtout Edward Wright sautent. Brise de 5 nds venue du Sud-Ouest et options difficiles entre le large et la baie coté ND de la garde. Plutôt discret depuis quelques régates, l'Estonien Karpak se rappelle au souvenir de tous et vire en tête devant Anders Pederson le Norvégien et Ben Cornish. Le Hongrois Berecz trouvera une ligne de vent sur le portant pour recoller au groupe mais personne n'arrêtera Cornish, leader à la fin du vent arrière et capable de se construire une superbe avance sur le second pré, devenant ainsi intouchable. Du coté des français je m'attendais, dans ces conditions légères, à voir émerger les spécialistes du medium light. Mais non !  
Enfermé au départ Laurent Hay restera derrière.
Régis Baumgarten ou Seb Graal seront à l'arrière garde en constance. Dans cette brise faiblasse, les cadors Olympiques tournent plus vite et leur 195 cm, ou 100 kg ne craignent pas les talents des faibles gabarits.

 

 

Jonathan Lobert va progressivement se sauver d'un départ enfermé mais c'est Marc Allain des Beauvais qui mène le groupe France en 7ème place. Hélas il tricotera ses bords du mauvais côté au second prés pour finir 26eme

 

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Journée 3
EDWARD WRIGHT STRIKES BACK

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Le temps change vite à Marseille. Mistral lundi, pétole mardi et dans les deux cas soleil puissant pour éclairer un superbe décor de nature et de métropole. Mercredi le vent est revenu, cette fois de l'Est, et plutôt fort au début. Il soufflait par-dessus ou de chaque côté du haut massif rocheux de Marseille Veyre sous un ciel couvert en constance. Les bascules fortes, leurs adonnantes et leurs refus imposèrent à tous vigilance, réactivité et aussi parfois chance pour avancer sur le long parcours terminé par un triangle car la brise était supérieure à 15 nds.


Pénalisé par sa disqualification de la veille, Edward Wright n'a plus le droit à l'erreur mais battant comme toujours, il ne se refuse pas la possibilité de devenir champion d'Europe dans trois jours. Aux avant-postes dès la première marque de la manche 4, mister Wright était en lutte intense avec Jonathan Lobert qu'il finit par devancer en gagnant sa troisième course, le Croate Olujic arrivant troisième, devant l'indécrochable norvégien Pedersen.
Dans le même temps de cette matinée grise et parfois pluvieuse Ben Cornish mangeait son pain noir car englué dans la flotte et 14ème. Cornish va retrouver les honneurs pour la manche 5 en arrivant 3ème, mais c'est son compatriote Henry Wetherrel qui, bien parti, va ensuite dominer toute la manche et gagner. Wright et Lobert étaient aux places d'honneur mais ils vont se planter à mi-course, perdant de nombreuses places au vent arrière, privés sans doute de ces veines d'air venues de la montagne qui firent le bonheur du polonais Lahn.
Décidemment en très grande forme Wetherrel va longtemps mener la course suivante qui débute dans la brise mais brutalement, alors que la flotte vient de passer au vent pour foncer au largue, le vent meurt. C'est n'importe quoi, ça tourne, ça revient, ça bascule de 90° parfois et tous sont "tankés", impuissants a trouver une solution. Dans cette foire aux improbables trous d'air, tant Edward Wright que Jonathan Lobert se sont planté. Jon navigue un moment dans les 5 derniers, précédé par tous les autres français et même son père philippe.
Ça proteste dur sur tous les caissons, à coup de sonores sticks, pour réclamer une annulation de cette manche devenue un vrai marché de dupes. Le vent tombé en dessous de 5 nds incitera le Comité de course à lancer l'annulation. C'est un grand ouf de soulagement pour Jonathan et plus encore Wright qui sont sauvés ... de la noyade en pts. Le vent revient pour ce qui deviendra peu après, l'officielle sixième manche que le jeune croate Milan Juvasinovic remportera, devant son compatriote Olujic.

 


Ed wright suit en troisième place et peut ainsi reprendre la tête du classement général provisoire. Mais juste derrière lui, à trois points pas plus, se tient en embuscade le norvégien Anders Pedersen dont la régularité est impressionnante.  En 6 manches il a fait : 5,5,4,8,4 et 8.
Il peut encore se permettre un mauvais résultat, quand Wright et Lobert ne le peuvent plus. Idem pour Ben Cornish oublié à la 53ème position de la 6ème course.
Il faut aller à la 26 ème place pour trouver le second Français Fabian Pic. Il semble hélas avoir, (espérons le temporairement) perdu son aisance de fin 2015 et de 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Edward Wright

 

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Ben Cornish

 

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Jonathan Lobert

Journée 4
TROP DE VENT ET DONC PAS DE COURSES CE JOUR

les seigneurs de l'Europe …

Qui sera sacré champion d'Europe dans maintenant quarante-huit heures ? Difficile à dire car nous ne sommes plus en cette ère 2010-2016 de Gilles Scott, pendant laquelle le formidable champion anglais accumulait au fil des manches les places d'honneurs tout en parvenant a éviter les trop mauvais scores.
A la fin c'est toujours Scott qui s'imposait, comme cela avait été le cas lors des championnats du monde et des olympiades précédentes avec sir Ben Ainslie.

Le podium de ce championnat d'Europe et la suite des meilleurs classés est très composite. Entre vétérans et jeunes challengers déjà très respectables tout semble possible, a la moindre victoire et plus encore à la moindre erreur. Manoeuvre ratée, départ enfermé ou option juste un peu trop longue engendrent des conséquences exponentielles, irrattrapables.

Le leader actuel Edward Wright est maintenant une sorte de vétéran dans le contexte de la meute olympique. Longtemps, depuis plus de dix ans, il a été dans l'ombre des performances de ses éternels rivaux Ainslie et Scott.
Mais il s'accrochait et fut un nombre extraordinaire de fois, sur le podium en troisième ou seconde place. Peu ou prou il est devenu souvent une sorte de " Poulidor du Finn", sauf en quelques semaines internationales gagnées et surtout avec un titre de champion du monde remporté 2010 de haute lutte sur les eaux ventées de San Francisco en Californie.
Au premier contact Edward Wright, un super beau mec me disent les dames, Wright donc exprime une grande classe typical british, complétée d'une souriante faconde quand il n'est pas absorbé par de méticuleux préparatifs sur son Finn.
Saura-t-il à nouveau être champion d'Europe contre tous samedi lors de la Medal Race ??
« Time will tell » comme ils disent de l'autre côté du Channel.

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Journée 5

JONATHAN LOBERT DOMINE ; CAP SUR LE TITRE EUROPEEN

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Après une journée sans régates Jeudi car le vent était trop fort, Vendredi 12 Mai fut la dernière occasion des régates en flotte. Le vent d’Est soufflait dans la marge des 18 to 22 nœuds, sous les nuages ou sous le soleil mais ces conditions variables n'empêchèrent pas Jonathan Lobert de dominer magistralement la journée non sans avoir dû lutter en constance avec Ed Wright.
Pour la manche 7 le turc Alican Kaynar fut de bout en bout aux commandes sauf dans le dernier vent arrière reporté comme la course par Jon Lobert. Le français fut initialement bien attardé, comme Ed Wright au début de la manche 2 mais l'un et l'autre bataillèrent dur pour revenir respectivement 8 et 13emes. Au départ de la troisième course du jour Jonathan se lance en bout de ligne et va progressivement creuser l'écart mais Ed Wright le suit de très prés.
L'anglais reprend l'avantage à la fin du premier vent arrière mais il ne tiendra pas le rythme de Lobert au prés. Ce fut une manche superbe mais finalement annulée car le bateau mouilleur de bouée s'était mis l’hélice dans le mouillage de la marque au vent. Après cette troisième manche de brise difficile, les concurrents frustrés insultèrent copieusement le comité de course à l'arrivée quand ils surent que leurs efforts étaient ruinés en suite à une bêtise de l'organisation. Ultérieurement 5 des concurrents protestèrent donc pour que cette course soit requalifiée. Néanmoins elle fut suivie d'une officielle 9ème manche faite dans la brise renforcée. Lobert va très vite prendre la commandement de la flotte et se détacher avec brio quand son rival principal Ed Wright fait une mauvaise course (17éme ).

Par contre le jeune Norvégien Anders Pedersen va une fois de plus coller aux places d'honneur en faisant troisième de la manche. Ainsi avant La Journée finale et la Medal Race Jonathan et Anders sont en tête du classement général, à peu près assurés de leurs positions. Edward Wright est lui devancé par le hongrois Berecz mais avec un seul point d'écart les choses peuvent changer. Affaire à suivre mais demain à 10hrs commencera une ultime course en flotte, qui sera suivie de la Medal Race pour les 10 meilleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jonathan Lobert

 

 

 

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Edward Wright

 

 

 

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Jonathan et Pedersen

Journée 6
LOBERT CHAMPION D’EUROPE MAIS ... SUEURS FROIDES EN FINALE ... FACE A L’INSOUTENABLE LEGERETE DE LA FINN CLASS !?

img 20170513 marseille european mr departdépart de la Medal Race

 

Il y a deux jours, Marc Allain des Beauvais commentait le brio tactique et stratégique de Jonathan Lobert par ces mots : " Il a murit " ! Dont acte. Pouvons-nous dire de conserve car il faut avoir grandi en maitrise et sérénité pour avoir gardé confiance et performance lors de cette ultime journée des chpts d'Europe 2017, sur le plan d'eau souvent trop complique et aléatoire de Marseille.... dont on ne comprend vraiment pas qu'il ait été choisi comme possible plan d'eau des hypothétiques JO Français de 2024 face à des stades nautiques réputés comme Hyères ou La Rochelle. Pour ce choix des plus contestables la politique a hélas pesé plus lourd que l'expertise!

 

LOBERT : Mauvaise dernière course en flotte mais superbe Medal Race.
 
La veille Jonathan était en tête avec 8 pts d'avance sur le Norvégien Anders Pedersen. Le viking est barbu, solide, concentré et bourré de talent. Il démontre depuis deux ans une spectaculaire progression et depuis 6 jrs à Marseille, il a pratiquement fait le sans faute tant il est régulier, omniprésent aux places d'honneur sans le moindre véritable mauvais score, que le vent soir fort, faible ou tordu. Cet inspiré norvégien est en fait le meilleur ennemi de Jonathan Lobert au départ de cette 10 course en flotte longtemps retardée, puis finalement lancée dans de belles conditions avec vagues et brise moyenne autour de 15 nds. Déterminé Pedersen part bien, contrôle toute la manche et se détache en vainqueur. Inversement Jonathan Lobert va manquer son affaire et se perdre en terminant 21 ème. Du coup il devient second au classement provisoire et tout peut être remis en cause pour lui ... s'il décroche, perd le moral et s'effondre. Mais il est d'office sélectionné pour la Medal Race finale.
L'ultime confrontation des dix meilleurs va se faire en deux temps. De quatre à dixième une mini épreuve sélective est lancée avec 10 à 12 nds de vent. Wheterell et Cornish, les jeunes anglais prennent l'avantage initial en bout de ligne. Près du bateau comité Ed Wright se lance et doit vite envoyer bâbord jouant ainsi la partie droite du premier prés. Mais ca passe à gauche et le GBR 11 va recoller au paquet au vent non sans avoir frôlé de très près les moustaches fantastica du Turc Keynar. Dans le vent arrière Wright opte toujours pour la gauche et se trompe encore. Il récidive du même coté au second prés au point qu'un moment il est bon dernier, mais parvient in extremis à revenir sur le groupe au vent. Un troisième fois il va jouer le côté Sud du parcours donc la  gauche du dernier vent arrière. Dans cette régate de "mort soudaine", puisque seules les deux premiers sont gardés, Ed Wright met le paquet jouant de son énergie no limit au pomping..'( merci Oscar ).. Il repasse sous le petit groupe et prend la seconde place avec une seule longueur d'avance. Ben Cornish et Ed Wright vont donc jouer la finale. Elle arrive avec un petit délai de 15 minutes car la brise a baissé. Sur cette ligne de départ très courte, Lobert arrive en avance pour se lancer avec précision juste au bateau marque d'extrémité. Le vent se met a forcer et Jon active cette survitesse qu'on lui connait dans la brise au prés. Il est en lutte serrée avec le hongrois Berecz qui tout à coup disparait ; techniquement trahit par sa drisse de grand voile décrochée. Sans plus de pression dans la voile, il arrête, refixe sa drisse et termine pour le principe, mais loin derrière. Pas de chance pour cet autre grand talent de la jeune génération qui fut vice-champion d'Europe en 2016. Peu à peu, excellent en cap et vitesse Jonathan creuse l'écart. Il atteint la bouée de dog leg quand le second est à la marque 1. Puis il regagne encore un peu de distance dans la suite du vent arrière, suivit a quelques longueur par Wright. Dans le second prés, Jonathan va couvrir l'anglais qui a envoyé tribord vers la terre. La tactique est simple, toujours rester entre l'adversaire et la marque au vent. Quand Wright joue la carte extrême continuant longtemps tribord, Lobert va renvoyer car il estime être sur la Lay line. Il creuse ainsi un peu plus l'écart devenant pour Wright.... Out of reach ! Aussi performant au vent arrière qu'au prés Jonathan va encore augmenter son avance. Seule une rupture mécanique, de mat, de safran ou de drisse pourrait le menacer. Il passe l'arrivée et remporte de haute lutte son premier titre de champion d'Europe ... après 12 ans de Finn. Il rejoint ainsi Serge Maury qui remportât le même titre en 1976, dans le vent faible, devant Port Camargue. J'y étais.... en observateur.
Pendant le championnat d’Europe, les Juniors de moins de 23 ans jouaient leur titre qui fut remporté par Henry Wetherell.
En tous cas le nouveau système expérimenté de Medal Race a fait contre lui l’unanimité. En effet tout le capital des efforts et des résultats acquis en flotte disparait et les 5 meilleurs de la finale se retrouvent en plein aléatoire. Ils repartent pour une course nouvelle sans coefficient 2. Finissant 4 ème Anders Pedersen était amer et précisait : " Ben Cornish qui me bat en finale était 84 pts derrière moi au terme de la régate en flotte ". Donc ce système nouveau expérimenté à Marseille doit vite être oublié. La remise des prix a été organisée en présence de Nicolas Hénard, nouveau président de la FF Voile.

 

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photo R, Deaves

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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